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Modérateurs: animal, Léo

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By Andrea
#62309 [color=blue]Prologue[/color]


Je connais l'existence d'une communauté de séducteurs depuis longtemps. J'ai fait mes premières armes ailleurs, après la découverte d'un lieu d'introduction à ce nouveau monde que je ne citerai pas. Citation inutile parce que j'ai rapidement trouvé mieux, mais aussi parce que la simple évocation de son aspect industriel et relativement vulgaire qui m'a fait fuir permettra à n'importe quel lecteur averti de le reconnaître.
Lors de cette découverte, l'enfant apeuré et timide que j'étais savait son état complexe. Doté de confiance intime en lui, de volonté et de lucidité, mais bousculé, craintif, profondément blessé par le monde, et surtout par les femmes.

Dès alors, comme me l'a confirmé depuis (et assez récemment) le célèbre article, je sentais confusément que la séduction n'était pas un pot de peinture, et qu'avant de repartir à la conquête de ces femmes qui m'avaient fait si mal, il me faudrait accomplir un titanesque travail.
Et j'ai été humble, et j'ai appris. Appris à ne plus trembler à l'idée de parler au téléphone, fût-ce à un ami. Appris à marcher sans gêne dans un espace dégagé ou sous le regard d'une assistance. Appris à contrôler mes émotions et à les utiliser. Appris à exprimer mon avis, puis mon désaccord. Appris à dire non. Appris à observer et comprendre les autres. Appris à parler devant un public et à le captiver. Appris à juguler ma peur, appris le pouvoir, appris à assumer, à choisir.
Selon le conseil du maître Sénèque, j'ai désappris à espérer, puis j'ai appris à vouloir.
Enfin, j'ai appris le cynisme, la confiance inébranlable, la liberté, la solitude aussi.

Progressivement, je suis devenu un homme. Limité par les frontières de la nature, limité par mon jeune âge, mais je suis devenu un homme.
Alors, j'ai rassemblé mes expériences de séduction assimilées jusque là, faites de grands et douloureux échecs, et de petites et insignifiantes réussites.
Et j'ai déployé mes ailes. Je suis tombé, un peu, je me suis élevé, beaucoup.

Un jour, au détour d'une amicale conversation de café, un quadragénaire m'a dit quelque chose que je n'oublierai jamais. Tu es un amant.
L'été touchait déjà à sa fin, j'étais rentré grandi de mon long [url=http://www.spikeseduction.com/forum/lettre-a-elise-vt5321.html]voyage au Canada[/url]. Et je compris que j'étais prêt.

Je suis un amant, dont l'oeuvre de soi est maintenant suffisamment solide pour résister à la société et à ses pressions.
Ave Indépendance, ceux qui vont être libres te saluent.

Andrea
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By Andrea
#62312 E. est une amie de longue date. Entre philosophie, dialogues existentiels, ouverture d'esprit, et séduction latente, notre relation dure depuis des années mais n'a connu qu'un soir de contact physique.

Partie cet été dans le nord pour ses études, je ne l'ai vue ni ne lui ai parlé depuis deux mois. La dernière fois, j'avais pris l'initiative du contact.
Et hier soir, tard, j'ai reçu ceci d'elle sur mon téléphone :

[quote]E :
Bonne nuit Andrea.
[quote]Réponse :
A toi également. Puisse le Style continuer à t'accompagner.
[quote]E :
Puisse le Style continuer à t'accompagner.
Fin de l'échange.

Cette fille est une perle, et notre relation ambiguë une magnifique source d'inspiration. Une réflexion est éclose de ceci :

Pour faire une personne de réelle qualité, il faut de l'égo, du style, et du discernement.
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By Andrea
#62529 Comme me l'a fait remarquer Oxymore, j'ai oublié une qualité pourtant essentielle dans ma réflexion l'autre jour : l'émotion. C'est à dire l'empathie, la générosité.
Pour éviter d'être une brute insensible, ce n'est en effet pas un luxe.

_______________


Ce soir, alors que je dînais avec des amis, j'ai reçu d'une fille avec qui j'ai couché une fois il y a environ un mois et que j'avais presque oubliée un sms inattendu et plutôt marrant.

[quote]Ca y est, après 8 mois c'est fini avec mon copain. Alors si t'es toujours intéressé je suis libre et ouverte au flirt. Bisous
On a vu plus subtil. Cela dit, moi qui critique le manque d'ouverture, j'apprécie qu'elle assume complètement son désir. D'autant que je ne m'étais moi-même à l'époque pas beaucoup embarrassé de finasseries pour obtenir ce que je voulais : je lui avais proposé une soirée massage chez moi.
Proposition d'un risque calculé, et révélatrice d'intentions suffisamment flagrantes pour démonter d'une chiquenaude sa résistance de dernière seconde type "j'ai un copain".

Mais ce sms, quand même... Comme quoi, quand elles veulent.
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By Andrea
#62689 Dans les études que je fais actuellement, chaque cours ou presque est synonyme d'exposé par un élève sur une partie du temps disponible.
Régulièrement, cela donne l'occasion à certains de massacrer l'art oratoire de A jusqu'à Z et de râler contre la corvée. Pour de plus rares, ce sont des opportunités de s'exercer à intervenir en public.

Aujourd'hui, c'était le tour d'un étudiant Erasmus. Il était Italien, et il m'a impressionné. Son français était loin d'être correct, il avait besoin de demander confirmation pour certains mots, et sa prononciation rendait parfois son discours difficile à saisir.
Pourtant, à la fin, tout le monde était totalement séduit, y compris la prof. Tous sous le charme, moi comme les autres.

La voix claire et puissante, de l'assurance fondamentale malgré les hésitations en français, de l'humour, une manière simple et spontanée de faire participer l'auditoire, et surtout beaucoup d'énergie et un rare enthousiasme.

Le voir faire, et me sentir tomber inexorablement sous le charme malgré ma connaissance des dessous du processus, m'a une fois de plus remis en tête que la séduction n'est au fond qu'une affaire de confiance et de joie de vivre.
Sa capacité à exprimer si visiblement ces deux éléments m'a aussi montré le chemin qu'il me restait à parcourir, et à quel point je pouvais encore progresser.

J'ai profité de la fin du cours pour prendre le numéro d'une très jolie fille que j'avais repéré depuis un petit moment et à qui je n'avais pas encore eu l'occasion d'adresser plus que deux mots, mais j'essayerai de savoir au moins son prénom.
J'aurais aimé être Italien. Je n'en n'ai jamais vraiment rencontré avant, je me demande si ils sont tous comme ça.
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By Andrea
#62766 Ce soir, j'avais rendez-vous à 21h avec une fille un peu spéciale.

D'abord, elle porte des jupes. Ca devient rare, et celle qu'elle portait le jour où j'ai pris son numéro dans un couloir entre deux cours, rouge à carreaux noirs, m'avait agréablement sauté aux yeux.
Ensuite, la couleur de ses cheveux est indéfinissable, et j'aime ça. En l'occurrence, c'était un compromis original entre le roux et le blond.
Enfin, elle a une poitrine magnifiquement dessinée (ne perdons pas le nord). Toute sa silhouette est d'ailleurs un ravissement pour les sens.

Je l'avais abordée en indirect, mais le regard et le sourire dont elle m'avait gratifié en la quittant la première fois m'avaient convaincu de passer à quelque chose de plus sexué (à mesure que la confiance est venue, j'ai eu de plus en plus de mal à rester en indirect bien longtemps. Personne ne s'en plaint).
Après un jeu intéressant par sms, et la prise de rendez-vous ce matin, je m'attendais à passer une bonne soirée. J'envisageais même d'en écrire un FR.

Manque de bol, elle cachait plutôt bien son manque de confiance en elle. Je n'avais pas séduit de Low Self Esteem depuis cet été ; ça a été l'occasion de constater que définitivement, je maîtrise, et que définitivement, ça ne m'intéresse plus.
C'est cependant un type de séduction assez particulier, qui offre l'occasion de travailler son côté humain dans ce contexte, et d'apprendre à mettre en scène sa propre disqualification avec doigté (parfois utile dans d'autres situations).
Et surtout, ça permet d'exercer son bagout : généralement, il faut parler quasiment tout seul, et faire rire.

Le vin était tiré, il fallait le boire. Je suis content, j'ai parfaitement réussi. Peut être trop bien, j'espère qu'elle ne va pas trop s'attacher - j'ai décidé d'aller au bout quand même, sa silhouette me rend dingue. Il faudra passer outre ses réticences à venir chez moi, parfois encore inhérentes aux filles de mon âge (quoiqu'elle ait deux ans de plus que moi).

C'est quand même la plaie, parfois, d'être jeune. Pour amener une fille chez soi le premier soir, il faut : qu'elle ait assez confiance en elle pour se laisser conduire jusque là, qu'elle n'ait pas cette peur souvent stupide de passer pour une salope, et surtout qu'elle n'habite plus chez papa-maman.
Ca, c'est le pire. L'attraction n'a pas grand chose à y voir.
Et ça m'emmerde.

Les jeunes d'ici, des échos ?
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By Andrea
#62939 On pourrait croire qu'il est aisé de définir l'égo. Je suis pourtant certain du contraire.
Comme pour beaucoup trop de termes dont l'utilisation pertinente se perd, usée et abusée par des impulsifs qui, la plupart du temps, feraient mieux de se taire, l'égo est une notion fourre-tout.
On jette pèle-mêle dans ce grand mot vidé de sens l'amour-propre, la confiance, l'esprit de compétition, l'orgueil, et on l'amalgame trop vite à de l'arrogance. A tort.
A y réfléchir, rien n'est plus différent de l'égo que l'arrogance, et il est possible d'affiner la définition du terme. Etre empli d'amour-propre et de vaine arrogance est même l'antithèse de l'égo. J'entends par égo cette force que l'on trouve en soi, qui pousse à développer toutes ses capacités et tout son talent à la poursuite de sa satisfaction, pour épancher sa soif du mieux, du meilleur.
Pour atteindre ce but, deux conditions : se respecter, et s'accomplir.

Le vrai égo est un moteur, et une puissante force pour qui sait en user. Il accepte la remise en question, et l'utilise pour amener un jour à parvenir au sommet de son potentiel. Pour s'accomplir, et se respecter, en somme.
La confiance, l'orgueil et l'esprit de compétition n'en sont que des outils. L'amour-propre et l'arrogance y sont étrangers.

Trop d'ignorants confondent égo et amour-propre. L'un est la ressource d'une vie, l'autre son fardeau.
L'amour-propre ne tolère pas la remise en question. Faites l'essai. Prenez le premier congénère à portée, entrainez-le dans une discussion sur "les gens".
Qui que ce soit, il ira dans votre sens. Vous aurez beau abaisser plus bas que terre "les gens", qui font ceci, qui font cela, qui sont ridicules, qui sont stupides ; si vous jouez un tant soi peu avec diplomatie et restez relativement vague, vous n'obtiendrez qu'accords et acquiescements, quand bien même votre interlocuteur du moment devrait se sentir le premier abattu.
Amour-propre, donc refus de remise en question. La plaie du monde.



J'aime aussi, pour l'anecdote, les différences monstrueuses qui se cachent derrière l'expression "je suis débordé" selon la personne qui l'utilise. Quand je l'utilise, moi, c'est que je ne suis pas disponible avant au moins trois ou quatre jours. Pour d'autres, ce n'est pas encore tout à fait ça.
"Je suis débordée", c'est ce que m'a dit une fille (S. au cas où j'en reparle) par texto hier matin, quelques minutes après que je lui aie laissé un court message vocal sur son répondeur.
A 22h hier soir, elle frappait à ma porte.
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By Andrea
#63238 J'ai déjà parlé de Camille.
Camille porte des jupes, manque de confiance en elle, et a une chevelure d'un beau blond vénitien.
Camille était en avance au rendez-vous que je lui avais fixé ce soir.
Camille m'a dit que je lui avais manqué, et que je plairais à sa mère.
Camille oublie ses charmes et aime faire la liste de ses défauts.
Camille veut être sûre de sa relation avant de coucher, et m'a laissé comme un Tantale qui pourrait toucher l'eau et les fruits, mais ne jamais y goûter.


J'ai envie d'elle, mais je n'ai qu'une seule âme, et elle n'est pas à vendre. Camille sait maintenant qu'elle n'a pas beaucoup à attendre de nous.
Elle est sortie de chez moi avec un sourire, murmurant qu'elle voulait rester avec moi le plus longtemps possible.
Quand elle s'est retournée, les perles de pluie ont fait briller les reflets d'or de ses cheveux. Et puis, elle est parti.

Je ne sais pas si je la reverrai.
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By Andrea
#63356 A part dans les périodes d'intenses fatigues, mon humeur au réveil a toujours été le meilleur indicateur de mon état général. Mal dormir ou avoir de mauvaises dispositions dès le lever sont autant de signes que quelque chose ne tourne pas rond.

A l'inverse, un homme heureux est un homme qui dort paisiblement, et qui se réveille avec la joie de vivre du privilégié.
Ce matin, malgré l'obligation de quitter l'agréable chaleur de la couverture, le réveil était magnifique.
Je suis sorti de chez moi en jouissant des rayons de soleil et du ciel bleu, et j'ai marché sur les boulevards en souriant. A chaque coin de rue, presque à chaque pas, une grande blonde ou une petite brunette me rendait mon sourire, ou détournait sa pupille jusqu'au bord des yeux pour plonger dans mon regard et s'y perdre.

La joie de vivre est le meilleur atout d'un homme. Et je suis heureux, parce que la mienne n'a actuellement aucune autre raison d'être que celle d'exister.
Ce matin, le bonheur s'est posé sur mon épaule, et il m'a dit bonjour.
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By Andrea
#63544 Cela fait déjà de longs jours que le numéro de Betty est inscrit dans mon téléphone. Depuis le 12 novembre, en fait, comme l'indique l'un des billets de ce journal.
Allez savoir pourquoi, je ne l'avais pas encore composé. Par manque de temps peut être, mais pas seulement ; j'avais tout simplement d'autres choses en tête.

Hier soir, en ressortant un peu dépité de la Cité des Sciences après avoir appris l'annulation de la conférence à laquelle je me rendais, j'ai décidé d'appeler Betty. Elle m'a répondu en catastrophe, entre son travail et les enfants qu'elle gardait, je l'ai fait rire en lui racontant ma déconvenue, et nous avons parlé d'un rendez-vous vendredi soir.

Et ce matin, alors que nous sortions de notre seul cours commun avec une autre fille et un autre mec (l'Italien dont il a déjà été question d'ailleurs, il s'appelle David) et que je ne comptais plus ses regards plaisants, je l'ai vu se précipiter vers un grand bonhomme venant à grands pas dans notre direction.
Arrivée à sa hauteur, elle s'est ostensiblement jetée à son cou, et l'a embrassé. Puis, elle s'est retournée, et m'a adressé un regard souriant et provocateur qui m'a allumé le sang.

J'ai poursuivis l'intéressante discussion avec David, mais n'ai pu m'empêcher de faire plusieurs constats :
- Il est amusant (bien que logique) qu'elle devienne beaucoup plus attirante pour moi par le simple fait de me présenter un défi.
- Il me semble impossible que le défi en question ne se soit aperçu de rien, impression confirmée par la poignée de main frigorifique qu'il m'a donnée.
- Qu'elle joue avec moi pour rendre son petit ami jaloux ou qu'elle se venge de ne pas m'être occupé d'elle plus tôt, je suis très peu informé sur la situation, et probablement moins que mon rival occasionnel.

Quoi qu'il en soit, il va sans dire que la situation a prodigieusement gagné en intérêt. Son joli visage de matrone grecque m'ayant relancé de façon négligemment sexy l'idée d'un rendez-vous vendredi soir, je compte bien jouer ma carte à fond ; pour le plaisir de la compétition, et parce qu'on ne rencontre finalement pas souvent de fille qui sache jouer avec cette désinvolture.

Betty est cependant l'exacte représentation d'une femme que l'on conquiert, mais que l'on ne garde pas. Ce sera donc pour le plaisir de la joute.
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By Andrea
#63643 J'avais envoyé jeudi en fin d'après-midi un sms à Betty, lui proposant sans détours ni prétexte de me retrouver ce vendredi soir au pied de la tour Saint Jacques. Une agréable soirée m'a fourni ensuite une excellente occasion de ne plus y penser.
Ce vendredi pourtant, en fin de matinée, j'en étais à utiliser un adjectif fort peu poli pour exprimer à Oxymore ma "déception" de n'avoir encore aucune réponse.

La demoiselle ne m'a contacté qu'en plein après-midi :
[quote="Betty"]Coucou, en fait c'est un peu chaud pour aujourd'hui, j'ai donné rendez-vous à trop de monde, si je me libère je te fais signe.

Etant bien évidemment hors de question de la laisser impunément endosser ce rôle de princesse, je me suis fait un plaisir de lui rendre coup pour coup :
[quote="Andrea"]Oh désolé! Ca tombe bien, j'ai autre chose de prévu finalement, oublié de prévenir. On se verra la semaine prochaine!

Je fus alors reconnaissant à Léa, qui m'avait proposé quelques minutes plus tôt avec un prodigieux sens du timming d'aller prendre un verre ensemble ce soir.

Je n'ai pas encore parlé d'elle. J'ai pris son numéro lundi dernier, dans mon envolée lyrique de bonne humeur, et elle me plait beaucoup. J'aime son prénom, ceux qui me connaissent déjà y verront l'ironie, et j'aime qu'elle m'ait refusé une date trop facile mercredi dernier.
J'aime aussi cette petite brunette pour sa culture, son mignon petit visage de poupée, et son rire innocent.

J'ai pensé que ce court avantage conservé sur Betty pourrait me servir dans les escarmouches à venir, et j'ai vidé mon esprit pour profiter du sourire de Léa.

Devant Notre-Dame de Paris, un gigantesque sapin a été installé. Après un chocolat chaud, puis une marche à la saveur particulière malgré le froid mordant, nous nous y sommes arrêté.
[quote]A : Je me demande si ça a le même effet que le gui.
L : En tout cas, on doit y recevoir des cadeaux.
A : Dans certaines occasions, c'est pareil. J'ai envie d'essayer.

J'aime bien Léa. Ainsi que sa façon de m'enlacer pour me rendre mes baisers.
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By Andrea
#63900 [quote="Andrea, dans un courriel à une amie,"]Souviens-toi de ce qu'on disait le dernier vendredi qu'on a passé ensemble : il y a une différence entre le privé et l'intime.
A mon avis, le privé a finalement peu d'importance quand on n'a rien à cacher. Quelqu'un qui s'assume complètement ne doit pas avoir peur de le voir révélé ou de le révéler lui-même. D'une certaine façon, accepter de révéler une part de ce qui nous est privé augmente le mystère vers la part d'ombre qui reste, et vers l'intime. [...]
En revanche, l'intime n'a pas de prix.

Je sais, c'est moins fun que de raconter des aventures. Mais il faut bien prendre le temps de travailler un jour ou l'autre, et les journées n'ont malheureusement que 24h.

D'ailleurs, Léa ne m'a pas rappelé. Etrange et attirant à la fois.
By eyee
#63904 J'adore ton journal.
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By Andrea
#64031 Vendredi soir, 18h07. Léa a séché le second et dernier cours de la semaine que nous avons en commun, j'abandonne donc à regret l'idée d'une date croisée avec Oxymore. J'appelle Léa pour la deuxième fois en une semaine - j'avais essayé lundi dernier - je tombe de nouveau sur le répondeur.
Fidèle à mon habitude, j'hésite entre laisser un message bref et lapidaire et ne rien laisser du tout. La seconde solution l'emporte, tant pis pour elle.
Ce silence radio illogique m'occupera l'esprit par intermittence toute la soirée.

18h09, je rejoins Oxymore à la sortie du RER. Je propose une chocolaterie, mais son dernier passage y est trop récent ; nous optons pour le duo ultime pizza - bières. Dans la queue du supermarché, deux filles nous précèdent.
[quote]Oxymore : Ah, des pépitos et des "petits sacripans" Leader Price ! Vous, vous allez passer la soirée à travailler !
M : Et un vendredi soir en plus... Par contre, on sent l'étudiante fauchée avec le Leader Price, je m'y reconnais. Tu savais que Leader Price était la seule marque à faire du jus de pomme qui fait de la mousse ?

Je ne me rappelle pas de leur réaction, mais nous n'insistons pas malgré leur ouverture, elles sont physiquement peu intéressantes.

19h38, Oxymore sort de chez moi, et je me prépare à passer la soirée seul avec ma toux, mon nez bouché, et mon lait au miel.
Une grosse demi-heure plus tard, il m'appelle à la rescousse. Je ne suis pas loin, et je profite de ma descente du boulevard Saint Michel pour appeler une de mes prochaines dates.
[quote]Dis-moi, je vais draguer des filles dans la rue avec un copain et en toussant, comment tu me conseille de m'y prendre ?

Après cinq ou six minutes au téléphone, pendant lesquelles elle rit plus que ce que j'aurais pu espérer, je raccroche : la date sera facile. J'appelle ensuite Oxymore.

[quote]Voix féminine : ... allo ?
M : Allo ? Tient, je ne m'attendais pas à ce que Oxymore change de voix.
E : [rire]heu oui...
M : Je voulais juste lui dire que j'arrivais bientôt. Tu va me voir arriver, donc.
E : Heu, je sais pas si je serai encore là...
M : Si si, tu seras encore là, comme ça je pourrai voir à quel point tu es belle. Tu vas rester pour moi. Comment tu t'appelles ?
E : Claire.
M : moi c'est Andrea. Eh bien Claire, tu va m'attendre. Tu verras, je suis un mec super canon, tu auras tout de suite envie de coucher avec moi, c'est certain.
Je ne me rappelle pas du reste, je raccroche rapidement, j'arrive en vue de Saint Michel. La discussion ne donne rien, j'aurais quand même pris la date d'Oxymore pour la copine de Claire, ce qui me fait isoler Sarah (la "date" d'Oxymore, donc) pour rien.

La soirée part déjà en vrille, ça commence à être amusant. Nous finissons par rencontrer Cécile, à qui Oxymore fait une demande en mariage en guise d'ouverture, qui se voit proposer ensuite un plan cul. Elle est sur le point de s'en aller, mais finit par rester ; j'isole à nouveau Sarah dans le McDo à côté pour leur laisser le champs libre, et je lui ouvre une conversation avec un homme en train de commander au comptoir pour la retenir. J'y gagne le regard amusé des spectateurs du moment, et nous finissons par ressortir.
[quote]Oxymore : Hey Andrea, elle connaît la communauté !!
Nous nous reconnaissons, et notre groupe gagne un membre.

Retour à la place Saint Michel. Je profite d'un eye-contact pour aborder deux jolies mexicaines, mais elles ne sortent que quelques bribes de français.
[quote]M : Je vois que tu as une bague, ça tombe bien. Marie-moi à ta copine. [Je me tourne vers l'autre] Veux-tu m'épouser ? On sera heureux, et on aura beaucoup d'enfants.
Malgré l'aide amusée d'un de leurs amis qui les rejoignent, je parviens à l'épouser mais pas à l'embrasser. Je serais peut être arrivé à quelque chose en jouant plus finement, mais leur mutisme appuyé par la différence linguistique ne m'a pas favorisé.

Le groupe se reforme, et nous partons pour rejoindre Buffy. Je discute beaucoup avec Cécile, avec qui je me suis amusé en sexuant la conversation toute la soirée, tout en voyant du coin de l'oeil Sarah se rapprocher d'Oxymore, sans cesser ses gamineries énergiques et pleines de fraicheur d'esprit.
Impossible de me souvenir de toutes les conneries débitées au mètre, entre Oxymore touchant les seins de Sarah et moi voulant me jeter sous les roues d'une voiture abritant deux superbes blondes.
[quote]M à Cécile : J'ai déjà essayé sur l'autoroute, mais c'est plus dur.

Nous terminons dans un McDo. Je prends les gants de Cécile dont les pouces pointent naturellement vers le haut, les place en positions suggestives, et entame un délire sur la sexualité des gants. Oxymore, qui s'en aperçoit, sort une capote, et les conversations se débrident encore plus.
Buffy nous rejoint.

[quote]B : Je ne vois vraiment pas pourquoi il y aurait des petits Chinois dans les pyramides.
M : J'y verrais plus des Soudanais. Pour les touristes, des cadavres soudanais ça fait quand même plus sérieux.
C : Mais nan, les petits Chinois c'est bien ! Ca coûte moins cher en main d'oeuvre, et comme ils sont petits c'est moins cher pour le transport.

La soirée s'achève par une tentative d'Oxymore que nous avons laissé en arrière avec Sarah. Buffy et moi n'aurons pas compris réellement les raisons de l'échec de sa tentative.
Ledit échec nous permet toutefois de finir agréablement dans un bar très stylé que je ne connaissais pas. J'échoue à cause d'une petite phrase pourtant innocente et sortie dans le feu de l'action à retenir à notre table une magnifique serveuse typée espagnole aux yeux rieurs ; je m'en veux encore, la frame adoptée semblait pourtant efficace, même si je ne me souviens pas du dialogue.
Oxymore s'en rappellera peut être...

Une belle soirée, pleine d'imprévu et de légèreté.

Ce matin, quelques heures après un réveil difficile :
[quote="Oxymore, par sms,"]Pfiu, voilà, posté. J'ai rarement fait aussi long.
[quote="Andrea"]Moi je vais manger d'abord. J'écris toujours l'estomac plein.
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By Andrea
#64375 Période de partiels et toux encore persistante constituent une excellente combinaison pour abattre sauvagement une dynamique de séduction record.
Cela dit, il y a des compensations. D'abord, faire le boulot d'un semestre entier en deux semaines représente un gain de temps non négligeable. Ensuite, quand les dossiers en cours sont suffisamment solides, ils s'entretiennent d'eux-même.

Voilà ce que j'ai reçu hier sur mon téléphone (je vous épargne le langage sms) :
[quote]J'ai jamais osé te le dire avant mais j'ai envie de le faire avec toi... De sentir ton corps près du mien... J'ai envie que nos coeur battent de plus en plus fort... Je veux transpirer avec toi, que l'on soit essouflé, que l'on aille jusqu'au bout sans s'arrêter... Ca te dit un footing ?
C'est complètement con, mais ça m'a fait rire. Et puis, de la part d'une fille avec qui j'ai eu en tout et pour tout trois conversations dans ma vie, c'est toujours intéressant. Les prochaines vacances s'annoncent décidément excellentes.


Dans un autre ordre d'idée, j'ai pu me représenter concrètement à quel point j'ai évolué en moins de deux ans.
Hier toujours, alors que la soirée s'achevait et que la lune éclairait ma chambre plongée dans l'obscurité, j'ai été pris d'envie de veiller encore quelques minutes en compagnie de sa pâle brillance et de la musique enjôleuse de Miles Davies.
Je n'avais pas allumé msn depuis plusieurs mois, j'ai empoigné mon ordinateur pour m'y connecter quelques instants.

Mon ex, qui était "hors ligne", m'a assailli dès mon arrivée. C'est mon ex, la vraie, pas toutes celles qui ont occupé ma faim de séduction depuis tant de temps. Celle qui m'a fait mal, celle qui m'a fait changer.

Deux heures sont passées comme dans un rêve, aussi fugitives que le léger courant d'air qui me faisait frissonner en s'engouffrant dans les fenêtres vétustes.

J'ai beaucoup appris. J'ai appris comment elle a lu un livre en une nuit afin de pouvoir feindre la stupeur de l'aimer autant que moi lors de notre premier rendez-vous, et j'ai eu la confirmation qu'elle avait véritablement tout essayé pour m'impliquer dans notre relation avant de me quitter pour ma faiblesse passée.
Surtout, j'ai appris que je peux dorénavant faire face à son énergie et son caractère ingérable, et que je suis capable de contrôler l'interaction malgré ses tentatives brutales et fréquentes de m'entrainer dans son jeu. Je suis devenu assez fort pour cela.

Mais j'ai aussi appris que j'ai conservé ma plus grande faiblesse. Qu'après deux ans, le temps passe toujours aussi vite en sa compagnie. Que mon caractère et mon émotion sont restés intacts, résistants à ce que j'ai construit autour, et fortifiés par mon évolution.
Je suis heureux, au fond.
Je n'ai plus peur de perdre mon humanité, et je vais pouvoir cesser de m'interroger avec angoisse à chaque fois que je romps ou que je révèle la vérité de ma séduction à celles qui refusaient de voir que ce n'était qu'un jeu, malgré tous mes efforts initiaux pour être clair sans le formuler encore.

Quant à elle, elle est toujours avec le même garçon. Je ne sais pas ce que j'en pense, mais cela fait bien longtemps que je n'ai plus mal.
Peut être qu'un jour...
Ou peut être pas.
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By Andrea
#64858 A noter, pour toutes les occasions que je trouverai dorénavant de l'éviter : ne jamais entrer dans une discussion sur les relations avec des gens casés depuis trop longtemps pour pouvoir se souvenir de la signification même du mot "draguer".

D'abord, parce qu'il n'en sort jamais rien de constructif.
Ensuite, parce que l'on se retrouve instantanément, qu'on le veuille ou non, qu'on l'assume ou non, à devoir se justifier de séduire, ce qui est tout de même un comble.
Enfin, parce que le regard condescendant et hypocritement méprisant du couple envers le libertin m'agace à un point phénoménal, et que je supporte difficilement d'entendre un congénère confortablement casé dans son petit couple me donner... son avis sur la meilleure façon de séduire une fille, qui est toujours bien entendu mieux que la mienne.

Comme disait Maupassant, l'amour légal le prend toujours de haut avec son libre confrère. Soit ; je me fiche pas mal d'être considéré de telle ou telle façon par les chantres de la relation sagement conventionnelle. Mais nom de Zeus, qu'ils cessent de me servir leurs vains conseils éculés et ignorants, je n'ai pas que ça à faire.


Pour aujourd'hui, je me suis contenté de me retenir de leur exprimer aimablement que le niveau d'exigence de sélection de son partenaire ne vole selon moi franchement pas bien haut, et de passer mon chemin.