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Modérateurs: animal, Léo

By JulienH
#166717 [quote="ref"]Est-ce que tu n'aurais pas le mental d'un entrepreneur?
Je pense que non, j'ai envie de travailler seul, pour moi, mais beaucoup de monde aurait envie de ça. L'entrepreneur a, je crois, d'autres ressorts de motivation qu'un simple refus de l'autorité - car finalement c'est de cela dont il s'agit, encore une fois : d'une réaction en opposition, qui ne mène à rien.

Sachant qu'à mes yeux, et à tort, le mot "entrepreneur" est connoté. Un entrepreneur c'est un mec qui prend de vrais risques : en d'autre termes, un mec qui s'en met pour 100 briques sur le dos. Qui s'engage à vie, car une vie sera nécessaire pour réussir (SCTE), ou pour effacer l'ardoise en cas de pépin.

J'ai été élevé ainsi, dans l'excès, le binarisme extrême, blanc/noir, etc. C'est très dur à désapprendre, car ça te nique complètement tout esprit d'initiative. Soit tu as peur, soit tu te dis que ça ne vaut pas le coup, soit que c'est amoral, etc

J'ai 38 ans mais je peux te dire que je remercie le ciel de ne pas avoir eu de gosses à élever. Je ne sais pas ce que je leur aurais dit, sûrement rien. Finalement j'aurai eu un bol pas possible, à bien y regarder je suis passé au travers des gouttes, je suis tout seul dans mes trucs un peu galère.

[quote]Si les systèmes ne te correspondent pas, crée le tien
Hmm les mots ont un sens, merci pour cette réflexion, je vais me pencher dessus :wink:

[quote] J'avais ce même problème de nostalgie. Toujours la boule au ventre lorsque je quittais un lieu plein de souvenirs, la difficulté à jeter des objets ayant une valeur sentimentale, me ramenant au passé. Je m'en suis débarrassé en même temps que mon matérialisme, j'ai switché tout ça là haut en mode "fuck off", me disant qu'au final ce qui me définit est ce que j'ai dans la tronche plus que ce que j'ai fait, possédé ou été avant.
"Nostalgie" était peut être un terme mal choisi, foutus mots à racines grecques, font chier, ils ont toujours un sens précis.

Je me regarde et je me dis "putain". C'est difficile à exprimer. Ca ne me déprime pas, ça m'arrête, je me mets en stand-by, etc ... je n'ose pas parler de mélancolie car c'est encore un mot grec :roll:

[quote]Savoir d'où on vient c'est essentiel, mais le plus important, ce qui détermine notre marche en avant, c'est où on va.
Héhé oui. C'est une des premières phrases de ce journal.

Il y a trois ans je savais où j'allais pour la première fois de ma vie et ça a été un déclic énorme. Tu poses toutes tes valises, toutes tes casseroles, tous tes regrets, énorme. Or c'était juste une étape de plus, et non la ligne d'arrivée comme j'ai pu le croire.
By JulienH
#166719 [quote="pantin"]Soit collé au passé (l'enfant en toi qui refuse de grandir) et qui prend les choses, les épreuves nécessaires, les contraintes comme une forme d'infantilisation.

Soit dans une fuite vers l'avenir (que tu as mieux compris) mais pas une projection vers l'avenir.
C'est exactement ça, exactement. Et ça concerne les deux propositions. Je ne me projette absolument pas, et oui je ne supporte pas qu'on me traite comme un gosse (le gosse que pourtant je suis).

Et le pire c'est que j'ai rouvert ce journal il y a un an parce qu'une fille m'a dit (avec ses mots de fille) à peu près la même chose, ou disons qu'elle a relevé le même problème. Tu m'étonnes. Je n'arrive pas à me projeter, comment tu veux que je projette quelqu'un, si j'ose dire.

[quote][quote="Triumph"]parce que je pense que ça n'est pas grave que je ne serai pas prêt, mais bon, bref.
regarde cette phrase plusieurs fois.
[quote="Triumph"]je passe une espèce de "test" professionnel qui si je le réussis, me permettra d'évoluer un peu, être plus libre et compare avec celle-ci.

Je l'ai fait :wink: tiens, regarde :
[quote]Je déteste profondément cela, je me suis pris la tête avec tous les patrons ou supérieurs que j'ai pu avoir, et pourtant j'en ai besoin. Ca doit être pour ça que dans le fond, le probable plantage qui s'annonce n'est pas grave. On s'habitue à gratter hein, et à trouver le souci.
Je m'inscris à un concours pour être plus libre, et ne fais pas tout pour le réussir. C'est ... Enfin parfois, les mots manquent ...

[quote] :arrow: regardez comme je suis blessé.
:lol:
By JulienH
#166722 [quote="pantin"]les gens égratignés
Je viens de comprendre. On me dit souvent que je suis un écorché, ou que j'y joue, mais non.

"Egratigné", il n'y a pas meilleur mot. C'est nickel, ça me fait une super répartie en plus.
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By animal
#166727 [quote="Triumph"]J'ai 38 ans mais je peux te dire que je remercie le ciel de ne pas avoir eu de gosses à élever. Je ne sais pas ce que je leur aurais dit, sûrement rien. Finalement j'aurai eu un bol pas possible, à bien y regarder je suis passé au travers des gouttes, je suis tout seul dans mes trucs un peu galère.
Maintenant que je vais en avoir un, de gosse, je peux te dire que mon approche en tout a changé, et que je suis devenu plus dur et plus focalisé pour, justement, lui donner tout ce que je peux lui donner. Tu n'as aucun moyen de savoir ce qu'aurait été ta vie dans d'autres circonstances, tu aurais peut-être été plus focalisé, ou tu aurais supporté un patron pour nourrir ton gamin.

Mais arrête d'extrapoler les choses plutôt que de les vivre...
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By ref
#166809 J'ai aussi l'impression que tu traverses un moment pas facile et qu'il faut l'accepter, tout simplement. :wink:
By JulienH
#166820 Une période de 30 ans :mrgreen:

Non j'exagère évidemment, mais oui, ça fait un an que je fais de la merde, comprendre que je ne fais rien. Rien de notable, rien de "neuf", j'expédie les affaires courantes en regardant le temps passer. Après deux ou trois années où tout allait très bien. Finalement je me pointe ici quand ça ne va pas. C'est pas glorieux, mais bon, la réalité, tout ça.

Il y a eu cette fille, du genre rare dans mon milieu, puis ce boulot que je visais et qui s'est révélé un peu décevant, etc. Et cet appartement qui n'est pas terrible. J'ai vendu celui que je possédais de façon presque imprévue, j'ai pris vite fait un studio, puis un appart', tout aussi vite et mal choisi. Ca engendre une somme de détails qui niquent mon énergie.

Je pensais changer de décor si mon test se passe bien. Finalement je vais le faire quel qu'en soit le résultat, il faut que je change quelque chose, que je me botte concrètement le derrière. On ne va pas à nouveau tout remettre en cause, mais commencer par voir comment rencontrer de vraies nouvelles têtes. Et faire ces choses dont j'ai envie et qu'aujourd'hui je ne peux, matériellement, pas faire.

De l'air, de l'air, de l'air.
By Colin06
#166939 [quote="Triumph"]
J'ai 38 ans mais je peux te dire que je remercie le ciel de ne pas avoir eu de gosses à élever. Je ne sais pas ce que je leur aurais dit, sûrement rien. Finalement j'aurai eu un bol pas possible, à bien y regarder je suis passé au travers des gouttes, je suis tout seul dans mes trucs un peu galère.



J'ai 44 ans, et je peux te dire qu'aujourd'hui je regrette d'être seul, je veux dire de ne pas avoir d'enfant.
Je ne sais pas ce que je leur aurais dit, mais j'aurais fait de mon mieux. Je leur aurais rien dit, juste montrer la voie, une voie.

Triumph, tu dégustes en ce moment, ça se lit, ça se sent. Tente de t'en sortir, mobilise tout ce qui dans ta vie peut t'aider : famille, amis, ex, passions, moyen de te détendre, subsituts ...Lutte.

Tu sais, parfois, on se voit plus beau, on rêve trop grand. La vie est souvent beaucoup plus triviale et simple. Il ne faut pas être trop exigeante avec elle, juste ce qu'il faut. Tu n'es pas superman, tu es Triumph, être incomplet comme nous le sommes tous.
By JulienH
#169507 Delphine et moi étions à moitié collègues. Nous avions le même patron, mais ne travaillions pas au même endroit. On se croisait une fois par mois au moment du remontage de bretelles, pardon du "debrief", mensuel.

En tant que futurs "responsables" (un bien grand mot en ce qui me concerne), nous avions été envoyés en formation pendant une semaine. Boulot la journée, détente le soir. Une semaine entouré de femmes, j'avais le beau rôle. Rapidement je compris que je n'aurais pas grand chose à faire si d'aventure, je me décidai à pimenter un peu tout cela; juste attendre, laisser venir. Elles étaient presque toutes disponibles. Mais pas toutes jolies, cependant.

Delphine était la plus sympathique, la plus naturelle (capillairement parlant), la plus élancée, la plus brune, bref la plus sexy, et de loin.

C'est le dernier soir que les choses se sont accélérées; ça aussi c'était prévisible. Etant le seul mec, j'avais une chambre individuelle, dont certaines voulaient voir à quoi elle ressemblait. Il était assez marrant de les voir défiler ainsi l'une après l'autre, pour me poser la même question : "elle est bien ta chambre" ? MAIS OU VONT-ELLES CHERCHER TOUT CA, c'est complètement dingue d'audace et d'originalité. Il n'y en a qu'une à qui j'ai proposé de venir constater par elle-même.

On ne peut pas dire que j'ai usé de stratagèmes très élaborés mais bon, c'est pas moi qui ai commencé, en tous cas pas directement.

[video]https://www.youtube.com/watch?v=XeCrSvmwQHk&index=13&list=PLF96BE70D4B142AC2[/video]

Delphine avait mon âge et vivait depuis plus de dix ans avec le même homme, qui lui avait fait deux enfants. Les "politesses" de rigueur furent vite expédiées, à peu près aussi vite que ses sous-vêtements.

Elle me disait des trucs bizarres à l'oreille. Des paroles d'adolescente, comme si c'était sa première fois. Et si c'était le cas. Si c'était la première fois qu'elle trompait son mari ? Possible. Possible qu'elle se sente avoir 17 ans ... Toujours est-il que je trouvais ça un peu ridicule. Tout ce cinéma est-il bien nécessaire ? On ne fait jamais que baiser en mode VRP, sur le pouce, dans un hôtel à moitié miteux et aux cloisons à l'épaisseur douteuse ... Ni baldaquins, ni pétales de roses à l'horizon.

Elle me gonflait avec ses trucs fleur bleue. Des trucs que j'aurais sans doute dit aussi, quelques années plus tôt. Juste pour qu'elle passe un moment incroyablement romantique et intense avec un bel inconnu. Oui, c'est bien ce que j'aurais pensé, assurément.

Mais cette nuit-là, si elle allait se souvenir de moi, c'est autrement. "Retourne-toi". Elle s'exécuta. Bien vite les belles phrases se sont espacées, entre murmures, puis soupirs, puis râles. Je n'étais ni le Prince Charmant ni un vampire sentimental à la con, non, je baisais salement Delphine, et je voulais faire encore plus sale, je voulais qu'elle se taise, j'avais envie de l'insulter, de passer la vitesse supérieure. Et quand ce fût décidé, ô miracle, changement de ton, finis les alexandrins.

Notre forfait accompli il n'y eut guère d'effusions. Rien de drôle non plus. Juste quelques niaiseries de sa part, vraiment étonnantes dans un tel contexte. Elle retourna dans sa chambre. Je souriais. Jaune, un peu. Content de mon coup, et c'est le cas de le dire, même si je n'avais rien eu à faire. Mais aussi un peu pensif.

La petite voix intérieure faisait son boulot :

[quote]
La petite voix : Alors, mon vieux, tu comprends maintenant ? Vois-tu la réalité ? Non tu n'es pas un mec gentil, doux ou attentionné. Tu ne l'as jamais été. Tout ce que tu faisais, c'est essayer de t'en persuader pour masquer ta faiblesse et ton insuccès. Elles ne voulaient pas de toi, ou te faisaient peur. Maintenant que tu sais mieux t'y prendre, regarde ce qui se passe : tu les baises, comme tu baises tes faux principes, les femmes mariées, tout ça ...
[quote]- Moi : Et si j'avais cherché à la punir de son infidélité ? C'est peut être un truc inconscient, moral ?
[quote]-La petite voix : Ouais, je vais te dire ouais ... La réalité, c'est que vous avez juste baisé, mon vieux ... tu te posais moins de questions tout à l'heure ...

[quote]-Moi : Oui, vu comme ça ...

Je devrais inscrire ça sur mes CV, parmi mes hobbies : "penser".

Le lendemain, arrivés à la gare, Delphine me demande si je peux la déposer chez elle. J'accepte, nous faisons un détour, qu'on qualifiera de polisson. Sa façon à elle, et à d'autres, de remercier, me dis-je. Les potes eux, ils te filent une bouteille, un truc dans le genre. Tant mieux hein, je ne leur en demande pas davantage. Bref.

Puis nous arrivons devant chez elle, à la nuit tombée. Le perron est éclairé : son mec est là, il nous attend.

S'ensuit une scène assez spéciale, Delphine embrassant formellement ce pauvre type ... Bon sang, s'il savait ce qu'elle faisait de ses lèvres 20 minutes plus tôt. Il ne sait rien. Il me tend la main et me remercie. "Tu bois un verre" ? "Merci non, je vais rentrer". J'ai repensé à Laetitia, qui m'avait refilé une MST. Ce qui ne m'avait pas décidé à la larguer, non, pour renoncer à son corps brûlant, ce genre de peccadille n'était pas un motif suffisant ...

Mais malgré ça, je n'étais ni agacé ni gêné. Pas une seconde. Pas de honte non plus. C'était ni bien, ni pas bien, c'était fait. On se serre la main, je fais la bise à Delphine. Il tourne les talons, elle me fait un beau sourire et lui emboîte le pas, sans se retourner.

Dire que j'avais hésité à l'insulter.
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By -Jules-
#169511 Merci pour le post, passer les faux principes, l'idéalisation, c'est une grosse étape, j'aimerais pouvoir en dire autant. :mrgreen:
By Dymon
#169516 J'ai bien aimé ton récit, ça sent un peu (beaucoup?) l'homme désabusé. Et ça me fait penser à ce que disait Woodman à propos des femmes qui trompaient leur mari avec lui.
By JulienH
#169534 [quote="Dymon"] ça sent un peu (beaucoup?) l'homme désabusé
C'est plutôt que j'ai déclaré ouverte la chasse aux croyances, trouilles, postures ou principes bidons sortis de je-ne-sais-où ... Bref voir la réalité comme elle est, tout simplement ! Et forcément me voir comme je suis, essayer de ne pas me cacher, ou me mentir, ou me trouver d'excuses, etc ... Ca me vaut par moments de sérieux coups de pompe, ça peut ébranler et je ne résous pas tout.

Etre attentionné, gentil, respectueux, tout ça, ça ne veut rien dire. Le mec qui me dit "je suis respectueux", il me dirait "je suis philatéliste", ou "je suis Cancer ascendant Scorpion", ça me renseignerait à peu près autant, c'est à dire peu. Respectueux de qui ? De quoi ? Quand ? Comment ? Il a juste la trouille de s'affirmer, voilà. La réalité c'est ça. Les mots ont un sens, puissant. Tu mets le bon mot à la bonne place et d'un seul coup, tout s'éclaire ...

Je n'éprouve aucun mépris ni dégoût envers cette fille, ni désabusement face à son comportement. C'est juste comme ça que ça se passe, c'est un constat neutre et dépassionné. Elle est comme elle est, il est comme il est, je suis comme je suis, les choses sont comme elles sont.

Même si j'ai sûrement dû me dire "mais quelle salope" une fois sur le trajet du retour, mais c'était dit sans méchanceté :wink:
By JulienH
#169592 Je reçus quelques semaines plus tard, un mail long comme le bras. Une histoire guimauve à mort, à base de printemps, de fleurs, de douce brise, de mèches de cheveux, entre autres. Et, tout à la fin, plus prosaïquement, vint la "proposition indécente" (sic). C'est vrai, il était utile de préciser de quoi il s'agit, au cas où je ne comprenne pas ...

Je n'avais pas vraiment envie de la revoir. Certes, l'idée de pouvoir la punir à nouveau m'émoustillait. Mais d'un autre côté, je me disais aussi qu'il était risqué d'entretenir une relation de ce type, qui plus est avec une fille quand même assez nunuche, juste pour "ça"... Mais bon, ce "ça", c'était déjà pas mal, donc pourquoi pas, juste une petite fois, ce serait la seule, après tout on n'en était pas à ça près, le mal était fait non ?
[img]http://leblogdephill.e.l.f.unblog.fr/files/2014/11/1377878523_haddock-ange-demon.jpg[/img]
Finalement je n'ai pas répondu : le truc de fond, c'est que je ne la sentais pas, et l'imaginais tout à fait du genre à me causer des problèmes. Du coup je ne l'ai jamais revue; elle m'a esquivé quelques temps puis, suite à un petit accrochage avec mon employeur, j'ai changé de salon.

J'aimais ce boulot. Cependant je supportais mal qu'on me donne des ordres, ou pire, des leçons de savoir-vivre. J'adorais taquiner mes clientes, toutes les clientes. Parler bagnole, ou foot, ou même filles, avec les mecs. Les gens m'appréciaient, je savais faire la part des choses, être agréable sans souler ni braquer quiconque. Quand mon responsable lui, cumulait rictus crispé, humour gras et maladroit, politesse mielleuse, chemise trop grande et balai dans le cul - ou autre chose, car c'était le genre à se mettre des trucs à cet endroit. Il guettait l'occasion de me saquer, et finalement moi aussi, donc je le lui ai fournie, et voilà.

Sans faire feu de tout bois, et davantage intéressé par la coiffure masculine, je rencontrais toutefois quotidiennement de plus ou moins jeunes femmes avec qui il était facile, car normal, voire obligatoire, de briser la glace. Je ne suis pas séduisant, encore moins ce mec qu'on remarque quand il entre dans une pièce. Mais j'ai quelques atouts et à cette époque je pouvais les mettre en valeur.

Car j'étais cool, peut être tout simplement heureux. Je faisais ce que j'avais à faire, avec plaisir, quelques fois tard mais sans regarder le temps passer. Sans me poser aucune question. Ca se voyait, j'imagine.

Ce mail moisi me fait penser à un petit mot trouvé un soir en rentrant, dans ma boîte aux lettres. Un mec qui racontait me voir souvent faire les courses seul, se demandait donc si j'avais quelqu'un, et désirait savoir si j'étais intéressé par "une aventure avec un garçon" - ça aussi, je m'en souviens très bien. Il avait laissé son numéro de portable.

Je me suis dit qu'il devait s'agir d'un bien pauvre type, pour ainsi m'épier, me suivre en loucedé, chercher à savoir où je vivais, se glisser furtivement dans la cour pour glisser ce petit mot dans la boîte, puis vite partir en courant ... Peut être me surveillait-il, en ce moment-même. La vache ! Glauque, quand même. Ca ne m'amusait pas trop, en vérité. C'était plutôt triste.

Mais ça aussi, ça fait réfléchir. Cette fois c'était moi qu'on épiait, qu'on suivait de loin. Les histoires fantasmées je connais, mais pister quelqu'un, je ne suis jamais tombé si bas. Mais c'est utile de savoir ce que c'est, ce qu'on ressent quand quelqu'un nous épie, y compris à son égard. Quelqu'un de poilu, avec des testicules: si c'est une femme, c'est tout de suite moins glauque.

Bref, j'ai changé de supermarché, du coup.
By JulienH
#169656 Très vite je trouvai du travail ailleurs, cette fois c'est une femme qui possédait le salon. Christelle était une caricature. Certes, une assez belle femme, d'origine espagnole, avec des lèvres trop fines à mon goût, mais de superbes jambes, un corps élancé, tonique.

Son principal problème était qu'elle n'avait pas deux grammes de tenue. Elle avait sa clientèle, un peu du même genre. Un défilé de quadras, certaines franchement vulgaires, quelques unes bien entamées, d'autres plutôt sympas. Il ne fallait pas être trop délicat ni coincé ...

M'étais-je jeté dans la gueule du loup ? Les premiers jours furent difficiles, j'avais beau être cool je n'étais pas pour autant un clown et avais quand même une certaine idée de mon boulot. Les quelques clients hommes qu'elle me confiait étaient alors d'un précieux réconfort. Ils la mataient tous, sûre de ses charmes elle les allumait, ils plongeaient tête la première. Et rebelote, re-papotage avec les copines, les plus mollassons en prenaient pour leur grade.

Son mec venait au salon, c'était un bon bougre, divorcé (tous deux l'étaient), amoureux transi, transi jusqu'à la moëlle, moelleux comme un chamallow. Tantôt elle romançait leur histoire d'une façon éhontée auprès de ses clientes/amies, tantôt leur racontait des trucs sérieusement salaces pas franchement à l'avantage de ce pauvre type. Il avait jamais fait ceci, il ne connaissait pas cela, "faut tout lui apprendre" ... La grande classe.

Bref je me demandais où j'étais tombé, et avec qui.


[video]https://www.youtube.com/watch?v=o1tj2zJ2Wvg[/video]


Mais elle se montrait sympa avec moi et j'appris à prendre les bons cotés, faire (un peu) abstraction. En ville, elle avait sa réputation, à laquelle je ne souhaitais pas spécialement être associé. Mais ça tournait, on travaillait beaucoup, la clientèle était globalement jeune - Christelle était une très bonne pro.

Un jour elle m'avait gentiment reproché d'être "un peu trop sympa" avec une jeune femme. Trop sympa ?
[quote]Ah bon vous trouvez ?
[quote]Tu as très bien compris ce que je voulais dire
Les clientes la questionnaient au sujet de "ce jeune homme" fraîchement arrivé. "Ca faisait un moment que je voulais un homme au salon, je n'en avais jamais eu", répondait-elle. L'occasion de rebondir de nombreuses fois avec toujours la même vanne, "elle parle de ce salon, pas de celui chez elle". Et elle gloussait. "Rhhho qu'est-ce que tu insinues ?". J'en avais une autre, "homme au salon ..." et les laissais finir la phrase.

Parler de complicité serait exagéré mais elle adorait ça, finalement toute contente d'avoir trouvé quelqu'un pour jouer avec elle ce petit jeu grivois qu'elle aimait tant.

J'avais aussi deux collègues. Marie, une petite rousse plutôt gentille qui rigolait tout le temps, mais bête comme ses pieds; et Carine, plus intéressante, plus grande, plus mignonne, mais pas très très drôle. Sa longue chevelure gris argent lui donnait un certain style - ou plutôt une certaine "originalité".

Christelle ne respirait pas la subtilité, mais elle m'excitait. C'est peut être ça qui m'excitait, d'ailleurs. En tous cas c'était l'été, il faisait très chaud et ses tenues étaient choisies en conséquence.

Du coup, sans que ce soit un challenge ou une obsession, l'idée saugrenue de me taper ma patronne avait germé, et faisait son chemin. Un chemin court, vue la simplicité de la connexion nerveuse oeil-teub-cerveau. Mais moins court que sa petite robe jaune cependant.


[video]https://www.youtube.com/watch?v=vygQZ9hYqyE[/video]